SimJack Pro : test du pédalier AliExpress qui divise
SimJack Pro :
le pédalier AliExpress qui divise
Sur le papier, le SimJack Pro promet l’impossible : un pédalier full métal, trois pédales, baseplate, load cell, élastomères et sensations proches d’un modèle haut de gamme pour environ 320 € livré. Après essai, le constat est aussi brutal que fascinant : le ressenti est excellent, mais un défaut peut tout changer.
Notre note rapide

Le Simjack Pro toutes options comprenant la base plate, les 3 pédales, les amortisseurs et des elastomères un peu plus durs.
Le SimJack Pro fait partie de ces produits qui circulent beaucoup dans les discussions de simracing. On en entend énormément de bien, souvent avec la même promesse : un pédalier proche de modèles à 600 ou 700 €, mais vendu autour de 280 € sur AliExpress, auxquels il faut ajouter environ 40 € de frais de port.
Dit autrement : pour environ 320 €, on reçoit un pédalier trois pédales avec baseplate, structure métallique massive, frein load cell et embrayage à bascule. Sur le papier, c’est à peine le prix d’un Fanatec Clubsport V3. La question est donc simple : est-ce le casse du siècle ou est ce qu’il y a un loup quelque part ?
1. Présentation et prix
Le SimJack Pro testé ici est la version la plus complète : trois pédales, baseplate, frein load cell, embrayage, accélérateur et boîtier de connexion externe. Le tout arrive directement depuis AliExpress, ce qui explique en partie son tarif très agressif.
À ce prix, il vient se comparer à des pédaliers beaucoup plus installés comme le Fanatec Clubsport V3, le Logitech Pro Racing Pedals, ou certains modèles Moza et Simagic d’entrée/milieu de gamme. Sauf qu’ici, la fiche produit donne l’impression de regarder un pédalier beaucoup plus cher.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Configuration testée | 3 pédales avec baseplate |
| Matériaux | Acier |
| Frein | Load cell 200kg avec élastomères |
| Accélérateur | Ressort + amortisseur |
| Embrayage | Mécanisme à bascule |
| Connexion | USB-B |
| Logiciel | Simjack type DiView |
| Compatibilité | PC uniquement |
| Distribution | Principalement AliExpress |
2. Livraison et montage : pas premium, mais costaud
Premier contact : le carton ne va pas finir dans une vitrine. C’est basique, brut, presque utilitaire. En revanche, le pédalier est très bien protégé. Vu l’épaisseur des plaques métalliques, il faudrait déjà un transporteur créatif pour tordre l’ensemble.
Le SimJack Pro arrive en pièces détachées. Les trois pédales sont séparées, la baseplate également, et il faut assembler le tout soi-même. En théorie, ce n’est pas très compliqué. En pratique, le vrai problème, c’est l’absence de notice.
Autre souci repéré au montage : les têtes de vis dépassent sous la plaque. Là encore il faut bricoler pour le fixer sur châssis. Après, venant d’Ali Express, on s’attend à ce genre de détails.
3. Conception et matériaux : le gros point fort
Une fois monté, le SimJack Pro impose tout de suite quelque chose : il est lourd. Très lourd. Les plaques sont épaisses, la structure inspire confiance, et la rigidité générale est clairement au-dessus de ce que son prix laisse imaginer.
On est loin du pédalier plastique de bundle. Ici, on a un vrai bloc mécanique, massif, avec une approche très industrielle. Ce n’est pas raffiné comme un produit Simagic ou Heusinkveld, mais ça sent fort le métal et l’atelier.
L’embrayage utilise un mécanisme à bascule. Le ressenti est franchement sympathique, avec un début de sensation progressive. Ce n’est pas le mécanisme le plus sophistiqué du marché, mais à ce tarif, c’est déjà très convaincant.
Le frein repose sur des élastomères et un load cell de 200kg. Il ne s’agit pas d’un système hydraulique, mais ce n’est pas un problème en soi. Un bon frein à élastomères peut largement être plus agréable qu’un mauvais système hydraulique. Le prestige du mot « hydraulique » ne fait pas tout.
4. Réglages et ergonomie
Le SimJack Pro propose plusieurs possibilités de réglage : position des pédales, dureté via ressorts et élastomères, course, inclinaison selon les points de fixation, et adaptation à différents styles de pilotage.
L’accélérateur, en revanche, pose rapidement question. D’origine, il est beaucoup trop dur. Le vérin de 50 N monté sur la pédale demande un effort excessif, au point de nuire à la précision et même au confort sur les longues lignes droites.
La course de l’accélérateur est également plutôt courte. Ce n’est pas forcément bloquant, mais combiné à une dureté excessive, cela donne une pédale moins lisible que prévu. Heureusement, ce comportement peut se corriger en retirant ou modifiant certains éléments, mais cela confirme une chose : le SimJack Pro n’est pas un produit plug-and-play parfaitement réglé d’usine.
5. Logiciel et calibration : retour vers Windows 95
C’est ici que l’enthousiasme prend un gros coup de clé à molette dans les dents. Le logiciel, ou plutôt l’absence de vrai logiciel moderne, est l’un des points faibles majeurs du SimJack Pro.
La calibration passe par le logiciel Simjack. C’est fonctionnel, mais pas du tout intuitif. On est très loin d’un SimPro Manager chez Simagic, d’un Moza Pit House ou d’un Logitech G Hub moderne.
L’interface donne une impression d’un autre âge. La calibration demande de manipuler des valeurs, des paliers, des zones mortes, sans vraie pédagogie. Pour quelqu’un qui découvre le simracing, c’est franchement rude.

Le logiciel Simjack fait sérieusement tâche aujourd’hui.
Ce point est d’autant plus dommage que la mécanique, elle, donne envie d’y croire. On se retrouve avec un pédalier au ressenti haut de gamme, mais piloté par une expérience logicielle digne d’un périphérique oublié au fond d’une armoire normande.
6. Ressenti en piste : imbattable pour le prix
Une fois en piste, le SimJack Pro surprend immédiatement. En ressenti pur, il est excellent pour son prix. Il y a du poids sous le pied, une vraie résistance, un frein exploitable, un embrayage agréable, et une sensation générale de matériel sérieux.
Après correction de l’accélérateur trop dur, le pédalier devient beaucoup plus naturel. Le frein, lui, offre déjà une bonne base. Avec des élastomères de meilleure qualité, il passe encore un cap.
Le frein ne donne pas l’impression d’un produit low cost. Il est consistant, ferme, progressif, et permet de travailler la pression plutôt que simplement la course. C’est exactement ce qu’on attend d’un pédalier sérieux.
Le SimJack Pro écrase donc sans difficulté les pédaliers de bundles grand public. Face à un Fanatec V3 ou un Logitech Pro Racing Pedals, il peut même donner une sensation plus noble et plus mécanique, surtout après quelques modifications.
7. Les modifications presque indispensables
Le SimJack Pro a un énorme potentiel, mais il n’est pas livré dans sa meilleure version. Deux modifications ressortent immédiatement de notre essai.

Les élastomères d’origine se déforment très rapidement.
Le changement des élastomères est probablement la modification la plus importante. Les modèles d’origine sont médiocres. Après seulement quelques heures, ils peuvent déjà se déformer et ne plus revenir correctement en place.
| Élément | Prix estimé |
|---|---|
| SimJack Pro 3 pédales avec baseplate | ~280 € |
| Frais de port | ~40 € |
| Élastomères de remplacement | ~60 € |
| Total configuration optimisée | ~380 € |
À environ 380 € une fois optimisé, le SimJack Pro arrive pile dans la zone tarifaire d’un Fanatec Clubsport V3 ou Logitech Pro Pedals. Et en ressenti pur, il peut clairement passer devant.

Une fois modifié, ce pédalier offre un ressenti bien plus satisfaisant.
8. Face au Simagic P1000
Nous l’avons comparé au Simagic P1000, un pédalier que l’on connaît très bien et qui fait partie de nos références. En ressenti, les deux sont bons. Le P1000 garde un avantage sur l’accélérateur, plus naturel et plus consensuel d’origine.
Mais le SimJack Pro n’est pas ridicule. Bien au contraire. En freinage pur, avec les bons élastomères, il donne un ressenti très solide. C’est même assez bluffant quand on garde son prix en tête.
Car en comparatif direct, un comportement étrange est apparu. Avec le Simagic P1000, il était possible de freiner plus tard tout en gardant une voiture plus saine. Avec le SimJack Pro, la voiture semblait moins vouloir rentrer dans le virage, comme si elle sous-virait davantage.
Sur le moment, l’impression semblait illogique. Un pédalier ne change pas la direction d’une voiture. Il ne modifie pas le train avant. Il ne transforme pas la physique. Sauf si un petit détail nous échappe.
9. Le vrai défaut : la latence des inputs
En analysant les télémétries, le verdict est tombé : le SimJack Pro semblait introduire un retard entre l’appui sur la pédale et l’information réellement prise en compte par le jeu.
Le retard n’était pas énorme à l’œil nu, mais en pilotage, quelques centièmes suffisent à transformer un freinage. Résultat : on pensait freiner à un moment donné, mais l’information arrivait légèrement plus tard. Sur la télémétrie, le freinage était donc décalé.

Le boîtier de commande SimJack est pourtant en métal pour limiter les interférences.
Nous avons tenté de jouer sur les zones mortes et les réglages, sans parvenir à corriger réellement le problème. C’est ce qui empêche le SimJack Pro d’être recommandé à tout le monde.
Pour du loisir, ce n’est pas forcément dramatique. Pour quelqu’un qui cherche la performance, le chrono, la régularité en course ou même un usage compétitif, c’est un vrai handicap. Le ressenti est bon, mais la réactivité est douteuse. Et en simracing, un pédalier qui répond en retard, même très légèrement, devient un boulet invisible.
10. Pour quel type de simracer ?
Le SimJack Pro ne s’adresse pas à tout le monde. C’est un pédalier pour simracer curieux, bricoleur, patient, capable d’accepter une expérience brute en échange d’un rapport prix / ressenti impressionnant.
Pour quelqu’un qui roule principalement pour le plaisir, qui veut un pédalier qui donne une vraie sensation mécanique et qui ne cherche pas à gratter le dernier dixième, le SimJack Pro peut être une excellente affaire.
Pour un débutant motivé, c’est plus nuancé. Oui, il peut permettre d’éviter de passer par un pédalier d’entrée de gamme. Mais il faut accepter le montage, la calibration peu intuitive, les modifications possibles et l’absence de vraie expérience logicielle moderne.
Les points forts
- Rapport prix / ressenti exceptionnel
- Design industriel
- Très bonne rigidité générale
- Frein load cell convaincant
- Embrayage à bascule agréable
- Boîtier USB-B métallique bien pensé
- Gros potentiel après modifications
- Peut rivaliser en ressenti avec des pédaliers bien plus chers
Les points faibles
- Aucune vraie notice de montage
- Visserie et fixation perfectibles
- Accélérateur beaucoup trop dur d’origine
- Élastomères d’origine médiocres
- Logiciel archaïque et peu intuitif
- Calibration pénible
- Latence ou retard d’interprétation constaté
- Micro-freinages parfois mal pris en compte
Notre verdict
Le SimJack Pro est l’un des pédaliers les plus frustrants que nous ayons testés. Frustrant, parce que son ressenti mécanique est excellent pour le prix. Frustrant, parce qu’une fois modifié avec de bons élastomères, il peut donner la sensation d’un pédalier beaucoup plus cher. Frustrant, surtout, parce qu’un problème de réactivité vient gâcher un potentiel énorme.
À environ 320 € livré, ou 380 € avec des élastomères de meilleure qualité, le rapport prix / ressenti est difficile à battre. Face à un Fanatec V3 ou un Logitech Pro Racing Pedals, il peut même faire mieux sous le pied. Mais le logiciel, la calibration et surtout la latence constatée l’empêchent d’être une recommandation universelle.
Pour rouler en loisir avec du beau matériel, se faire plaisir, profiter d’un frein sérieux et bricoler un peu son setup, le SimJack Pro est une affaire redoutable. Pour chercher la performance pure, la régularité au dixième ou la compétition, nous ne pouvons pas le conseiller sereinement.
Un pédalier au ressenti presque imbattable pour le prix, mais plombé par une électronique et un logiciel qui ne suivent pas le niveau de la mécanique.
FAQ — Questions fréquentes sur le SimJack Pro
Le SimJack Pro est-il compatible console ?
Non. Le SimJack Pro est un pédalier USB prévu pour PC. Il n’est pas compatible PlayStation ou Xbox de façon native.
Le SimJack Pro vaut-il le coup face à un Fanatec V3 ?
En ressenti pur, surtout avec de meilleurs élastomères, il peut clairement être supérieur. En revanche, le Fanatec V3 garde l’avantage sur l’écosystème, la simplicité, le logiciel et la fiabilité perçue.
Faut-il changer les élastomères d’origine ?
Oui, c’est fortement recommandé. Les élastomères d’origine se déforment rapidement et limitent le potentiel du frein. Avec de meilleurs élastomères, le pédalier change vraiment de catégorie.
Pourquoi l’accélérateur est-il critiqué ?
D’origine, l’accélérateur est beaucoup trop dur à cause du vérin monté sur la pédale. Cela nuit au confort et peut même faire relâcher inconsciemment l’accélérateur en ligne droite.
Le logiciel est-il simple à utiliser ?
Non. La calibration passe généralement par un outil externe type DiView. C’est fonctionnel, mais peu intuitif et très loin des logiciels modernes proposés par Simagic, Moza ou Logitech.
Quelle version choisir ?
Les amortisseurs ne sont clairement pas une obligation. Votre choix doit se faire en fonction du nombre de pédales que vous souhaitez.
À qui conseiller le SimJack Pro ?
À un simracer qui cherche un excellent ressenti mécanique pour un budget contenu, qui accepte de bricoler, calibrer et modifier son matériel. Pas à quelqu’un qui veut un produit simple, plug-and-play et parfaitement fiable pour performer.







