Logitech Pro Racing Wheel : le direct drive sous-estimé de Logitech
Logitech Pro Racing Wheel :
le direct drive sous-estimé de Logitech
Avec ses 11 Nm constants, sa finition impeccable, son pédalier très sérieux et une fiabilité presque insolente, le Logitech G Pro Racing Wheel avait tout pour réussir. Pourtant, il a eu du mal à trouver son public. Et c’est peut-être l’un des plus gros malentendus du marché.
Notre note rapide
Le Logitech G Pro Racing Wheel est un volant assez étrange à juger. Pas parce qu’il est mauvais. Justement, c’est tout l’inverse. C’est un produit très abouti, très propre, très fiable, avec un ressenti excellent. Et pourtant, il a traîné une image bizarre dès sa sortie.
La raison est simple : Logitech est une marque immense, connue de tout le monde, mais pas forcément associée au matériel sim racing haut de gamme moderne. Pour beaucoup, Logitech, c’est le G25, le G27, le G29, le G923. Des volants increvables, oui, mais pas du direct drive à plus de 1 000 €.
1. Logitech : une légende qui a trop attendu
Pour comprendre le Pro Racing Wheel, il faut revenir un peu en arrière. Logitech a longtemps été l’une des marques les plus importantes du sim racing grand public. Le Momo Racing Wheel, puis le G25 en 2005, ont marqué leur époque. À l’époque, avoir un volant avec retour de force sérieux, cuir, métal, pédalier trois pédales et boîte en H, c’était presque luxueux.
Ensuite, il y a eu le G27, puis des évolutions beaucoup plus timides. Le G29, le G920, le G923 avec TrueForce… mais rien qui donne vraiment l’impression d’une révolution. Pendant ce temps, Fanatec, Moza, Simagic et Thrustmaster ont tous commencé à occuper le terrain du direct drive.
Quand Logitech sort enfin son direct drive, le marché a déjà changé. Les sim racers ont appris à regarder ailleurs pour le matériel premium. Et demander plus de 1 000 € pour un volant Logitech, même excellent, c’était déjà un défi psychologique.
2. Présentation et prix du Logitech G Pro Racing Wheel
Le Logitech G Pro Racing Wheel est une base direct drive annoncée à 11 Nm constants. Il existe en version PC, PlayStation ou Xbox selon la configuration choisie, avec une logique assez intéressante : la compatibilité dépend en partie du hub et de la plateforme visée.

Le bundle Logitech G Pro Racing Wheel : base direct drive 11 Nm, volant Pro et pédalier load cell.
Le positionnement est clair : Logitech ne cherche pas à vendre un petit direct drive abordable. Le Pro Racing Wheel vise directement le segment sérieux, celui où l’on compare avec Fanatec, Moza R12, Simagic Alpha Mini ou Thrustmaster T818.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Type | Base direct drive |
| Couple | 11 Nm constants |
| Compatibilité | PC, PlayStation ou Xbox selon version |
| Connexion | Micro-USB |
| Ecosystème | Ouvert sur PC avec le Adaptateur RS QR |
| Ports sur base | USB-A pour accessoires Logitech |
| Palettes | Métal, 2 magnétiques + 2 palettes analogiques |
| Pédalier | Pro Racing Pedals avec load cell 100 kg |
3. La base : grosse, plastique, mais pas cheap
Le design de la base a beaucoup joué contre elle. Visuellement, le Logitech Pro ne ressemble pas vraiment à l’idée que beaucoup se font d’un direct drive. On n’a pas le petit bloc métallique compact façon Moza ou Simagic. On a une grosse base en plastique, volumineuse, presque trop sage.
Mais ce choix n’est pas un hasard. À l’intérieur, Logitech a intégré un système de refroidissement actif très sérieux, avec une ventilation pilotée par plusieurs capteurs de température. Résultat : la base peut encaisser des heures et des heures de fonctionnement sans perte de retour de force.
La ventilation, elle, reste discrète. On pourrait craindre une soufflerie de PC pendant un encodage de vidéo, mais dans les faits, elle ne fait pas plus de bruit qu’une base direct drive passive. C’est propre, bien maîtrisé, et très rassurant.

Sur une base très sobre, les shift lights ajoutent juste ce qu’il faut de vie sans tomber dans le sapin de Noël.
Une connectique bien pensée
La connectique trahit un développement long : on retrouve du micro-USB, ce qui paraît daté aujourd’hui. Ce n’est clairement plus la connectique que l’on attend sur un produit moderne de ce prix.
En revanche, Logitech marque des points sur l’intégration des accessoires. Le pédalier, le shifter ou les périphériques compatibles peuvent se brancher directement en USB-A sur la base. Ce qui signifie un économie de câbles pour tous les accessoires, puisque c’est le même qui servira de branchement sur la base ou sur PC direct.
4. Le volant : finition Logitech, sans mauvaise surprise
Le volant fourni respire le sérieux. Cuir agréable et de bonne qualité, aluminium brossé, boutons bien ajustés, molettes au clic franc, palettes métalliques et magnétiques : Logitech sait fabriquer proprement, et ça se sent immédiatement.
Les boutons tombent bien sous la main et reprennent une logique assez proche d’une manette. On n’est pas perdu, même au premier lancement. Les deux molettes permettent d’ajuster rapidement certaines fonctions, et les palettes sont franchement réussies.
Palettes analogiques et embrayage
En plus des palettes de passage de vitesse, on retrouve deux palettes progressives. Leur course n’est pas énorme, mais elle suffit pour gérer un embrayage analogique au départ ou certaines fonctions spécifiques selon les jeux.

Les palettes métalliques et magnétiques font partie des détails qui donnent au volant une vraie sensation de sérieux.
Là encore, Logitech ne fait pas dans le spectaculaire inutile. Tout est propre, cohérent, solide. On peut trouver la roue un peu moins exotique que certaines roues GT ou Formula concurrentes, mais en qualité pure, il n’y a pas grand-chose à redire.
5. Le pédalier : l’autre point fort sous sous-estimé
Le Pro Racing Pedals est souvent sous-estimé dans l’équation. Pourtant, c’est l’une des raisons pour lesquelles le bundle Logitech devient aussi cohérent. On a un pédalier solide, réglable, bien pensé, avec une load cell de 100 kg.
Le feeling se rapproche d’un Fanatec Clubsport V3 dans l’esprit, mais avec une possibilité de réglage bien mieux pensée. Là où le loadcell du Fanatec sature et peut ne pas convenir à ceux qui freinent fort, le Logitech garde beaucoup de réserve.
Mais encore une fois, sa finition soignée se retourne complètement contre lui. Le design moins industriel que les pédaliers concurrents lui donne une allure de pédales d’entrée de gamme, complètement à tort.
Logitech fournit directement des élastomères pour ajuster la dureté du frein. Pas besoin d’acheter un kit performance en supplément pour commencer à régler le pédalier. Les pédales sont réglables en hauteur, en latéral, et peuvent coulisser sur des rails.

Les élastomères du frein sont accessibles par l’arrière du pédalier et se remplacent facilement, sans outil.
Le câble management est aussi bien pensé : sous le pédalier, on peut ajuster et enrouler la longueur du câble. Ce n’est pas le détail qui fait vendre sur une fiche produit, mais au montage, c’est le genre de petite attention qui évite de se prendre la tête avec 2 mètres de fil.
6. Logiciel et réglages : simple, mais bien optimisé
Côté logiciel, Logitech ne propose pas une usine à gaz à l’instar de Thrustmaster. Les réglages restent assez limités face à ce que l’on trouve chez Moza, Simagic ou Fanatec. On peut ajuster la force, le lissage, certains paramètres essentiels, mais les amateurs de micro-réglages peuvent rester sur leur faim.
La différence avec ses concurrents, c’est que le Logitech Pro arrive très bien optimisé dans les jeux. Là où un logiciel limité peut devenir frustrant quand le feeling de base est moyen, ici le volant fonctionne très bien sans passer trois heures à chercher la bonne valeur.

Le logiciel Logitech reste simple, mais il va à l’essentiel : force, angle, TrueForce et réglages principaux.
Une rotation limitée à 1080°
Petite particularité de ce Pro Racing Wheel, le volant est limité à 1080° de rotation avec des butées mécaniques. Pour du circuit, ce n’est pas vraiment un problème. Dans la majorité des usages simracing, on n’ira pas chercher plus.
En revanche, pour des usages plus spécifiques comme du drift, Euro Truck Simulator, Farming Simulator ou certains profils très typés simulation de conduite lente, c’est un peu dommage. La concurrence permet souvent d’aller plus loin.
7. Sensations en piste : lisse, propre et très efficace
En piste, le Logitech Pro fait très fort. Le cogging est inexistant, la rotation est ultra lisse, la base répond vite et les 11 Nm constants suffisent largement dans la plupart des situations. On peut rouler fort sans avoir l’impression de manquer de puissance.
Ce qui frappe surtout, c’est l’équilibre général. Le volant ne cherche pas à être le plus brutal, ni le plus spectaculaire. Il donne une information claire, propre, exploitable. On sent la voiture, les appuis, les limites, sans devoir se battre avec un retour de force caricatural.
Comparé à un Fanatec ClubSport DD+, un Moza R12 ou un Simagic Alpha Evo, il tient très bien la route. Le Moza R12 reste très solide en sensations, Simagic peut aller plus loin selon les configurations, mais le Logitech n’a pas vraiment de point faible majeur.
Le système Trueforce
Le TrueForce a beaucoup évolué depuis son lancement. À l’origine, la technologie fonctionnait principalement comme un système de vibrations basé sur l’audio du jeu. Concrètement, la base utilisait certaines fréquences sonores pour générer des vibrations, un peu comme si votre volant devenait une enceinte.
Depuis, Logitech a fait évoluer le système. Sur plusieurs jeux compatibles, le canal TrueForce ne transporte plus uniquement des informations audio : il peut désormais recevoir directement certains signaux issus du moteur physique du jeu. Cela permet d’utiliser les vibrations pour retranscrire des événements précis comme une perte d’adhérence, un début de patinage, le passage sur un vibreur ou certaines irrégularités de la piste. On ne parle donc plus seulement d’un effet d’immersion générique, mais d’informations réellement liées au comportement de la voiture, ce qui rend aujourd’hui le TrueForce beaucoup plus pertinent qu’à ses débuts.
8. Écosystème : mieux qu’avant, encore limité
L’écosystème Logitech a longtemps été son principal problème. Pendant un moment, le Pro Racing Wheel donnait l’impression d’être un excellent volant isolé dans son coin. Une base, une roue, un pédalier, et pas grand-chose autour.
Les choses ont commencé à évoluer avec l’arrivée de nouveaux accessoires et surtout d’un Quick Release permettant d’ouvrir davantage le système. Il devient possible de monter d’autres roues et de les faire fonctionner en USB.
Un shifter hybride séquentiel/frein à main ainsi qu’une excellente boîte H sont désormais disponibles pour compléter l’écosystème, en plus des volants déjà au catalogue.
9. Pourquoi le Logitech Pro n’a pas explosé ?
C’est la grande question, parce que techniquement, le produit est bon. Même très bon. Le problème n’est pas vraiment dans la conduite, ni dans la finition, ni dans la fiabilité. Il est dans la perception.
Un prix difficile à accepter pour du Logitech
Beaucoup de joueurs associaient Logitech à des volants entre 250 et 400 €. Passer d’un G923 à un direct drive à plus de 1 000 €, c’est un saut énorme. Même si le produit vaut son prix, l’image de marque n’était pas prête dans la tête de tout le monde.
Un design trop gaming
Le deuxième problème, c’est l’apparence. La base en plastique, le volume, la pince bureau fournie et certaines communications très orientées grand public ont donné une impression de « gros jouet » alors que le volant est beaucoup plus sérieux que ça.
Une communication pas assez sim racing
Montrer un volant à plus de 1 000 € fixé sur un bureau, c’est penser à tous les usages. Mais pour les sim racers, ça brouille le message. À ce tarif, on veut voir du cockpit, de l’endurance, du sérieux, du matériel qui encaisse.
Et pourtant, c’est exactement ce qu’il sait faire. Sur salons, en salle, en usage intensif, le Pro Racing Wheel est impressionnant de stabilité. Pas de déconnexion, pas de surchauffe, pas de perte de force. Juste un produit qui tourne, encore et encore.
Les points forts
- Excellent ressenti en piste
- 11 Nm constants évitant 90% du clipping
- Cogging inexistant, direction très lisse
- Finition très sérieuse
- Palettes magnétiques réussies
- Pédalier load cell excellent
- Très fiable en usage intensif
- Très plug-and-play
- Compatibilité PC, PlayStation ou Xbox selon version
Les points faibles
- Prix psychologiquement élevé pour du Logitech
- Design de base peu valorisant
- Logiciel limité pour les simracers les plus pointilleux
- Écosystème encore moins riche que la concurrence
- Micro-USB daté
- Rotation limitée à 1080°
- Roues additionnelles Logitech peu séduisantes
Notre verdict
Le Logitech G Pro Racing Wheel est un excellent volant. Il est puissant, précis, très propre en sensations, extrêmement fiable et accompagné d’un pédalier suffisamment sérieux.
Son faible volume de ventes est, selon nous, largement injustifié. Logitech a peut-être raté le timing, la communication et une partie de l’image produit, mais pas le volant lui-même. En piste, il n’a pas grand-chose à envier à beaucoup de concurrents directs.
Notre conseil : si vous jouez principalement sur PC, c’est un grand oui. Si vous cherchez un produit solide, simple à régler, fiable sur de longues sessions et homogène, le Logitech Pro mérite clairement d’être considéré.
Si vous jouez sur console, le Logitech RS50 suffira, les jeux n’exploitent que très rarement toute la puissance du Pro Racing Wheel.
FAQ — Questions fréquentes sur le Logitech G Pro Racing Wheel
Le Logitech G Pro Racing Wheel est-il un direct drive ?
Oui. Le Logitech G Pro Racing Wheel est une base direct drive annoncée à 11 Nm constants. On est très loin des anciens Logitech à engrenages type G29, G920 ou G923.
Le Logitech Pro Wheel est-il compatible PS5 ou Xbox ?
Oui, selon la version choisie. Il existe des versions PC, PlayStation et Xbox, avec une logique de compatibilité liée au hub et à la plateforme. Il faut donc bien vérifier la version avant l’achat.
Le Logitech G Pro Racing Wheel est-il fiable ?
Oui, c’est même l’un de ses plus gros points forts. La base encaisse très bien les longues sessions, ne chauffe quasiment pas, ne perd pas son retour de force et se montre très stable en usage intensif.
Le pédalier Logitech Pro Racing Pedals vaut-il le coup ?
Oui. Le pédalier propose une load cell de 100 kg, des élastomères fournis d’origine, de nombreux réglages et une très bonne marge de force. Dans un bundle complet, c’est un vrai avantage face à plusieurs concurrents.
Le logiciel Logitech est-il complet ?
Il est plutôt simple. Les réglages sont moins nombreux que chez Moza, Simagic ou Fanatec, mais le volant est très bien optimisé d’origine. Pour la majorité des pilotes, cela suffit largement.
Le Logitech Pro Wheel est-il bon sur Gran Turismo ?
Oui, les dernières mises à jour du logiciel Logitech et l’intégration du TrueForce au jeu le rend bien plus exploitables qu’en 2025.
Pourquoi trouve-t-on aussi peu de Logitech G Pro Racing Wheel sur le marché ?
Principalement à cause de son image et de son positionnement. Beaucoup de joueurs n’étaient pas prêts à mettre plus de 1 000 € dans du Logitech, et la communication a parfois donné une impression trop gaming alors que le produit est réellement sérieux.
Faut-il acheter le Logitech G Pro Racing Wheel en 2026 ?
Oui, surtout sur PC. Si vous voulez un direct drive puissant, fiable, simple à régler et livré avec un très bon pédalier, c’est une excellente option. Il faut simplement accepter un écosystème moins riche que certains concurrents.







