Test Asetek La Prima : notre avis sur la base Direct Drive 12 Nm et le volant Formula
Asetek La Prima :
l’excellence danoise a un prix
Base Direct Drive 12 Nm, volant Formula ultra rigide, quick release hérité de l’univers Simucube, logiciel RaceHub très propre : l’Asetek La Prima coche beaucoup de cases. Mais dans un marché où Simagic, Moza et Conspit sortent les crocs, est-ce le choix le plus malin ?
Notre note rapide

La base Asetek La Prima 12 Nm.

Le volant Formula La Prima.
On va enfin parler d’Asetek. Une marque que beaucoup de simracers connaissent de nom, que l’on voit moins souvent installée sur les châssis, et qui mérite pourtant qu’on s’y attarde sérieusement. Pour cet essai, on se concentre volontairement sur la base La Prima et le volant La Prima Formula. Le pédalier ne sera pas traité ici, il aura droit à son article dédié.
Et c’est important, parce que la base et le volant racontent déjà très bien l’histoire d’Asetek : une recherche de perfection technique, une approche très industrielle, un produit remarquablement sain en piste, mais aussi un positionnement tarifaire qui peut vite faire tiquer dans un marché devenu ultra concurrentiel.
1. Asetek, une marque pas comme les autres
Asetek n’est pas née dans le sim racing. La société danoise existe depuis bien plus longtemps et s’est fait connaître dans l’informatique, notamment avec les systèmes de refroidissement liquide. Le virage sim racing est donc relativement récent, mais il n’a pas été pris de manière timide.
La marque a attaqué le marché par le haut, avec les gammes Invicta puis Forte, avant de descendre vers La Prima et plus récemment Initium. C’est assez rare : la plupart des marques commencent par l’entrée de gamme, puis montent progressivement. Asetek a fait l’inverse, parce que son ADN de départ était clairement premium.
Cette filiation se ressent dans la philosophie du produit. La Prima n’essaie pas d’être la base la plus flashy, ni la plus compacte, ni celle qui affiche le plus grosse puissance sur la boîte. Elle cherche surtout à être propre, précise, stable et durable. C’est moins spectaculaire sur une fiche produit, mais une fois les mains sur le volant, ça commence à parler.
2. La base La Prima : 12 Nm très sérieux
La base La Prima est une Direct Drive annoncée à 12 Nm de couple maximal. Sur le papier, on est donc dans le milieu de gamme musclé : bien au-dessus d’une base d’entrée de gamme, mais sous les 18Nm d’un Fanatec CS DD+ ou Simagic Alpha Evo Pro pourtant au même prix.
La première surprise, c’est le gabarit. Pour une base 12 Nm, la La Prima est volumineuse. On pourrait croire à une base de 15 à 20 Nm. Ce n’est pas un hasard : la plateforme est largement dimensionnée, et Asetek propose désormais un Boost Kit qui permet de monter la La Prima à 16 Nm via une alimentation plus puissante et une activation dans RaceHub.
Ce choix a un avantage très concret : la base ne donne jamais l’impression de forcer. Elle travaille avec de la marge, chauffe peu, reste stable, et garde un comportement très propre même quand on lui demande beaucoup.
Une construction sobre, presque froide
Visuellement, Asetek ne joue pas la carte du coup de crayon aguicheur. C’est sobre, industriel, très danois dans l’idée : aluminium, acier, façade avant en plastique démontable, lignes simples. Les leds qui rajoutent un peu de fun sont quant à elles réservées à la base Forte.

La base La Prima adopte un design industriel, sobre mais très sérieux.
À l’arrière, on retrouve la connectique essentielle : USB-C vers le PC, alimentation, port pour le bouton marche/arrêt fourni. Tout est clair, accessible, sans piège particulier.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Type | Base Direct Drive |
| Couple maximal | 12 Nm |
| Couple avec Boost Kit | 16 Nm |
| Slew rate | 4 Nm/ms, jusqu’à 6,7 Nm/ms avec Boost Kit |
| Encodeur | 22 bits |
| Matériaux | Aluminium, acier, façade avant plastique |
| Connexion PC | USB-C |
| Logiciel | RaceHub |
| Compatibilité | PC |
3. Montage : le détail des 87 mm
Sous la base, Asetek utilise des rainures avec T-Nuts déjà en place. Sur le principe, c’est une excellente idée : c’est propre, solide, ajustable. Sauf qu’il y a un petit caillou dans la chaussure.
Ce n’est pas dramatique si vous êtes sur un châssis en profilé aluminium, ou sur une plaque suffisamment permissive. Mais sur certains supports plus fermés, ça peut transformer le montage en séance perceuse. Rien d’insurmontable, mais c’est le genre de détail qu’on préfère savoir avant de tout démonter un dimanche soir.
Un quick release excellent
Le quick release est l’un des gros points forts de l’écosystème Asetek. Dérivé de ce qu’on trouvait chez Simucube et amélioré avec une connectique directe avec le volant, il est rigide, sans jeu, rapide à manipuler, et transmet les données du volant sans câble externe, sans batterie, sans liaison sans-fil. On clipse, ça verrouille, ça fonctionne. Fin de l’histoire.
Dans l’usage, c’est exactement ce qu’on attend d’un QR : disparaître. Pas de grincement, pas de flottement, pas de micro-jeu qui vient polluer le ressenti.
4. Le volant La Prima Formula
Le volant La Prima Formula mérite qu’on s’y attarde. Il n’est pas forcément le plus joli du marché, et son dessin divisera sûrement. Mais dès qu’on parle ergonomie, rigidité et placement des commandes, il devient très intéressant.
La structure combine un châssis composite renforcé fibre de carbone, une façade aluminium et une ossature interne métallique. Le résultat est très rigide. Et sur une roue Formula, c’est plus important qu’on pourrait le croire : quand la base envoie fort, un volant qui se tord ou qui vibre devient immédiatement désagréable.
Commandes nombreuses, ergonomie réussie
On retrouve 12 boutons poussoirs, deux kinky switches à sept positions, trois encodeurs rotatifs à douze positions, deux thumb encoders et des palettes magnétiques. L’ensemble est bien placé, facile à atteindre en roulant, et suffisamment complet pour gérer une GT3, une LMP ou une monoplace sans avoir de rajouts de rajouts sur le cockpit.
Les poignées sont interchangeables : version standard, LMP, alcantara ou XL. C’est malin, parce que cela permet d’adapter la prise en main sans changer tout le volant. Les palettes magnétiques sont agréables et réglables en écartement, même si le plastique utilisé n’est pas conforme aux standards observés jusque là.

Vue arrière du volant La Prima Formula avec ses palettes magnétiques.
Autre détail amusant : certaines plaques sur la face avant correspondent aux emplacements utilisés sur le volant Forte. Les moules sont proches, voire partagés, et La Prima laisse donc apparaître cette logique de gamme. Ce n’est pas gênant, mais ça rappelle que l’on est sur une version volontairement simplifiée.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Diamètre | 290 mm avec poignées standard ou LMP, 294 mm avec poignées Suede ou XL |
| Rev lights | 15 LEDs aRGB personnalisables |
| Boutons | 12 boutons poussoirs |
| Commutateurs | 2 kinky switches à 7 positions |
| Encodeurs | 3 encodeurs rotatifs 12 positions + 2 thumb encoders |
| Palettes | 2 palettes magnétiques réglables |
| Matériaux | Composite renforcé fibre de carbone, façade aluminium |
| Connexion | Par quick release Asetek, sans câble externe |
5. RaceHub : propre, lisible, complet
Le logiciel RaceHub est une très bonne surprise. Il n’a pas l’air d’avoir été dessiné par des débutants, et ça fait déjà du bien. L’interface est claire, les réglages sont expliqués, et on retrouve tout ce qu’on attend d’une base Direct Drive moderne.

RaceHub permet de régler finement l’ensemble des paramètres de la base.
On peut régler l’angle de rotation, la dureté des butées, la limitation des hautes fréquences, l’amortissement, la friction, l’inertie, l’assistance en virage, la force globale, le slew rate ou encore l’anti-oscillation. Les LEDs du volant sont aussi configurables, tout comme le comportement des encodeurs centraux.
Asetek publie également des réglages recommandés pour plusieurs simulations, dont iRacing, Assetto Corsa Competizione ou Le Mans Ultimate. Les valeurs proposées sont cohérentes et donnent une bonne base de départ. Voire même une très bonne base de départ. En réalité, on a rarement vu de réglages aussi cohérents fournis directement par une marque.
Le slew rate, en clair
Le slew rate correspond à la vitesse à laquelle la base peut faire monter le couple. Sur La Prima, on parle de 4 Nm/ms en configuration 12 Nm. Concrètement, la base est capable de passer de 0 à sa force maximale en quelques millisecondes. Résultat : les changements d’appui, les vibreurs et les pertes d’adhérence arrivent avec beaucoup de netteté.
Avec le Boost Kit, la valeur annoncée passe à 6,7 Nm/ms, en plus des 16 Nm de couple. Ce n’est donc pas seulement plus fort, c’est aussi plus rapide et plus expressif.
6. En piste : probablement le meilleur 12 Nm essayé
Le point fort de La Prima, c’est clairement le ressenti. Pour une base autour de 10 à 12 Nm, l’expérience est excellente. Tout est naturel, fluide, précis. Il n’y a pas de cogging, pas de sensation de crans, pas de lourdeur artificielle. La base ne cherche pas à paraître inutilement impressionnante, elle est juste terriblement précise.

Le bundle Asetek La Prima en fonctionnement sur cockpit.
On ressent très bien les transferts de charge, les pertes d’adhérence progressives, les vibreurs, les compressions, les petites variations de grip. C’est complet et réellement un plaisir dans les mains.
Le volant aide beaucoup. Sa rigidité et son ergonomie permettent de profiter pleinement du signal envoyé par la base. Les boutons tombent bien sous les doigts, les palettes sont agréables, et l’ensemble donne une sensation de cockpit sérieux. Pas forcément luxueux dans chaque détail, mais très efficace.
7. Le vrai problème : le marché a changé
Alors, si la base est aussi bonne, pourquoi ne voit-on pas plus d’Asetek sur les châssis ? La réponse tient en un mot : concurrence.
Asetek cherche la perfection technique. C’est louable, et ça se sent. Mais pendant ce temps, des marques comme Simagic, Moza ou Conspit proposent des bases plus puissantes, souvent plus compactes, avec des volants au design plus séduisant, pour des tarifs très agressifs.
Le La Prima devient alors un produit un peu paradoxal. Techniquement, il est superbe. Commercialement, il se retrouve parfois face à des bases de 15, 18 ou 21 Nm qui coûtent à peine plus cher, voire pas plus cher du tout selon les promotions.
La comparaison qui fait mal
Un Asetek La Prima, c’est un peu la voiture de piste développée avec obsession : légère dans son intention, optimisée, rigoureuse, très propre. Sauf qu’à côté, un concurrent arrive parfois avec plus de puissance, plus d’équipement, plus de charme visuel, pour un budget voisin. Et même si l’Asetek est plus raffinée, le choix devient beaucoup moins simple.
C’est particulièrement vrai sur le volant. Le La Prima Formula est très rigide, très ergonomique, très sérieux. Mais face à un Simagic GT Neo, par exemple, beaucoup d’utilisateurs regarderont le design, le prix, l’éclairage, les finitions perçues, et se demanderont si la rigidité supérieure vaut vraiment l’écart.
Les points forts
- Ressenti force feedback exceptionnel pour 12 Nm
- Base très stable, sans cogging, très naturelle
- Encodeur 22 bits et électronique haut de gamme
- Quick release excellent, sans jeu
- Volant Formula très rigide et ergonomique
- RaceHub clair, complet et agréable
- Possibilité de passer à 16 Nm avec le Boost Kit
- Construction sérieuse, pensée pour durer
Les points faibles
- Rapport puissance/prix moins agressif que la concurrence
- Base volumineuse pour 12 Nm
- Entraxe inférieur non standard à 87 mm
- Plaque Bottom Mount souvent à prévoir selon le châssis
- Design du volant assez clivant
- Boutons et kinky switches un peu plastiques
- Écosystème moins fourni que Simagic ou Moza
Notre verdict
L’Asetek La Prima est un excellent ensemble base + volant. La base est probablement l’une des meilleures expériences que l’on puisse trouver autour de 12 Nm : précise, naturelle, réactive, sans cogging et très bien tenue thermiquement. Le volant La Prima Formula n’est pas parfait en finition, mais son ergonomie et sa rigidité font vraiment le travail.
Le problème n’est donc pas la qualité du produit. Le problème, c’est le marché autour. Face à Simagic, Moza, Conspit et consorts, Asetek arrive avec une approche très noble, très ingénierie, presque trop raisonnable pour une catégorie où les fiches techniques jouent à qui crie le plus fort.
Si vous cherchez le meilleur ressenti possible dans cette zone de puissance, avec une base propre, durable et techniquement très sérieuse, La Prima mérite clairement votre attention. Si votre priorité absolue est le rapport couple/prix, ou l’écosystème le plus séduisant visuellement, la concurrence risque de vous faire tourner la tête.
En résumé : un produit admirable, presque trop pur pour son propre bien. Une base de connaisseur plus qu’un achat coup de cœur marketing.
FAQ — Questions fréquentes sur l’Asetek La Prima
L’Asetek La Prima fait-elle vraiment 12 Nm ?
Oui. La base La Prima est annoncée à 12 Nm de couple maximal. Avec le Boost Kit, elle peut monter à 16 Nm grâce à une alimentation plus puissante et une activation logicielle dans RaceHub.
Le Boost Kit transforme-t-il la La Prima en Forte ?
Non, pas totalement. Le Boost Kit rapproche la La Prima de la gamme supérieure en puissance, avec 16 Nm et un slew rate plus élevé, mais cela ne revient pas exactement à transformer la base en Forte complète.
La base est-elle compatible console ?
L’écosystème Asetek SimSports est pensé pour le PC. Si vous cherchez une compatibilité PlayStation ou Xbox native, ce n’est pas le choix le plus adapté.
Le volant La Prima Formula est-il confortable ?
Oui, l’ergonomie est l’un de ses points forts. Les boutons tombent bien sous les doigts, les palettes sont agréables et les poignées interchangeables permettent d’adapter la prise en main.
Faut-il prévoir une plaque de montage spécifique ?
Pas toujours, mais c’est à vérifier. L’entraxe sous la base est de 87 mm, ce qui peut poser problème sur certains châssis prépercés en 85 mm. Dans ce cas, il faudra repercer ou passer par la plaque Bottom Mount.
L’Asetek La Prima vaut-elle mieux qu’une Simagic Alpha ?
En qualité de signal et en naturel, La Prima est excellente. Mais une Simagic Alpha ou Alpha Evo plus puissante peut offrir plus de marge pour un tarif proche selon les offres.
Faut il l’acheter lorsqu’il est en promotion?
Asetek casse régulièrement ses prix sur ce bundle, il devient alors une option presque imbattable.







